Les chemins de nulle part.

 

  Le monde est impermanence, 

il n'y a rien à retenir, ni à accélérer, à vouloir ou à craindre, 

  Savoir profiter de chaque instant de douleur ou de plaisir, de joie ou de tristesse, 

car le bonheur est l'écume des vagues du monde

qui se nourri de son ressac permanent.

 

  Le but atteint sans le cheminement est vide de son signifié et ne mène nulle part, 

le cheminement sans le but est désorienté et ne mène nulle part,

le cheminement dans un but précis est inutile et vain car il réduit tout horizon et sans horizon on est nulle part,

pourtant sans cheminement ni but on est déjà nulle part ailleurs. 

  Chacun de ces nulles parts est différents malgré un même nom,

à chacun donc de choisir le lieu de son nulle part,

là d'où il n'est pas parti et où il n'arrive jamais

est peut être la monture de sa lumière. 

 

 

 

 

 

  Le but du chemin, n'est pas son but

le chemin du but, n'est pas son chemin.

  Les chemins se méfient des buts qui les finissent 

et pour cela ils nous perdent dans le monde.

  Les buts se méfient des chemins qui les rendent illusoires et relatifs

et pour cela ils se montrent autre que ce qu'ils sont. 

 

 

Et c'est pourquoi la belle fleur de la parole

éclot sans fin dans le monde pour ne rien y dire

et que l'ombre balaye la poussière soulevée par le vent,

des voyageurs invisibles de l'immobile.

 

 

Le chemin est son ombre en chacun.

 

Du fil des lèvres à l'orée des mots chuchotés en rêve
De la bouche cousu au mal entendu
Le passant des pas perdus

est ensanglanté de son image